Carotte sauvage, après floraison
Daucus carota
J’ai d’abord cherché à préserver et stabiliser ces matières, à les maintenir au plus près d’un état donné. Avec le temps, j’ai compris que la matière vivante continue de se transformer. L’humidité, la température, les insectes et le temps entrent dans la composition de l’œuvre.
Accepter ces changements a ouvert une autre manière de voir et de travailler avec le vivant.
De là, émerge quelque chose qu’aucun ingrédient ne pourrait produire seul. Pour moi, c’est une forme d’alchimie vivante.
Les moyens sont simples : plantes, eau minérale de préférence, sel marin et bocaux en verre. Ce qui compte, c’est l’attention et le temps. Une fermentation peut attendre des mois, voire des années.
Le temps est son principal compagnon.
Feuilles, fleurs, fruits et racines cueillis au fil des saisons sont conservés dans des bocaux en verre. Les couleurs migrent dans la saumure, les textures s’assouplissent et les saveurs se développent avec la fermentation.
À côté, les poudres, d’apparence plus discrète, concentrent des saveurs intenses. Le placard donne à voir la diversité des fermentations et leurs différents stades de transformation.

