Marine Ky is a French-Cambodian artist based in the Cévennes. Her practice moves between etching, installation and living plant matter.
Her botanical etchings and natural dyes draw forms and colours from plants. Fermentation, dehydration and powdering transform their textures and flavours: taste joins sight and touch.
Her exhibitions include the Fukuoka Asian Art Triennale (2005), a survey at the Institut français in Phnom Penh (2013), the Singapore Biennale (2016–17), and Panitam at the Musée de la Soie (2024).
Her work is held in the World Bank Group collection, with further acquisitions in 2025.
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De l’œuvre à l’esprit
L’œuvre de Marine Ky est prolifique, son inspiration généreuse. Elle se déploie en une profusion de formes, motifs, couleurs, textures, supports.
Subtil mélange d’éternité et d’éphémère, elle tend à unir tracés et supports au nom d’une esthétique qui en appelle autant à la grâce qu’à la rigueur. Cette précision, cette exactitude, tiennent au mode d’exécution de l’artiste, la gravure.
Plus exactement, Marine Ky travaille le cuivre. Sa méthode privilégiée est celle du «vernis mou», dont elle recouvre les plaques de métal d’une fine couche uniforme.
La texture particulière de ce vernis permet de prendre aisément l’empreinte des motifs pressés sur les plaques. Les parties les plus saillantes des textiles révèlent ainsi les surfaces qui vont être travaillées à l’acide.
La longueur de l’exposition de ces zones à la solution chimique détermine la profondeur de la morsure sur le métal : plus elle est profonde, plus l’encrage sera prononcé.
Cette technique croise ainsi deux paramètres : le travail préalable du textile utilisé, tissé soit à la main, soit en machine, qui détermine sa texture, et la maîtrise de l’exposition du cuivre à l’acide.
Elle nécessite donc une union harmonieuse entre savoirs-faires artisanaux et inspiration artistique.Elle n’en est pas pour autant moins «noble» que d’autres modes d’expression plus classiques, comme la peinture ou la sculpture, mais simplement plus méconnue.
Le talent de Marine Ky fait oublier ces différences d’approche. Son travail sur la lumière, la superposition des motifs, l’interpénétration des formes et des fonds comme l’utilisation des volumes confèrent à ses réalisation une esthétique particulière, à nulle autre semblable, où domine une dynamique circulaire qui touche à l’universel.
Elle y ajoute une réflexion sous-jacente sur l’éphémère et l’importance de l’instant présent, où le geste du créateur importe autant que l’œuvre qui en résulte.
Yves Le Faou
